Projets de recherche

Filicudi WildLife Conservation œuvre depuis des années dans la recherche appliquée à la conservation de cétacés et tortues marines au sein de l’archipel des îles Éoliennes. Depuis 2004, le Centre organise des projets de recherche avec la collaboration d’organismes de recherche publics et privés ainsi que de nombreuses universités italiennes.

Les activités concernant les cétacés se concentrent pour l’essentiel sur deux espèces de dauphins qui fréquentent habituellement les côtes des îles Éoliennes : le grand dauphin (Tursiops truncatus, Montagu, 1821) et le dauphin bleu et blanc (Stenella Coeruleoalba, Meyen 1833). 

Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est sans nul doute le plus connu des odontocètes. Les populations de grands dauphins vivant dans les eaux côtières sont exposées à de nombreuses menaces dont : 1) la concurrence directe de la pêche artisanale ; 2) la capture accidentelle dans les filets de pêche ; 3) la surexploitation des ressources en poissons ; 4) les différentes formes de destruction et de dégradation de l’environnement marin côtier ; 5) les interférences directes et indirectes (trafic maritime commercial et touristique) ; 6) la pollution acoustique ; 7) les effets toxiques des xénobiotiques. Bien qu’il soit difficile de mesurer l’impact effectif de ces menaces, la somme de ces facteurs entraîne un net déclin des populations à l’échelle locale. Les études que nous avons effectuées sur l’archipel Éolien révèlent que la population de grands dauphins est fortement menacée et que leur taux de rencontre diminue considérablement au fil du temps. Cette population souffre d’un taux de natalité extrêmement faible et de nombreux cas de décès ont été constatés principalement chez les jeunes mâles. Le nombre estimé d’animaux recensés dans l’archipel Éolien est faible bien qu’un certain nombre d’individus fréquentent habituellement la zone d’étude tout au long de l’année. Dans cette zone, ces animaux subissent l’impact direct et indirect de la pêche. Nous avons identifié des espaces très importants pour l’alimentation de cette espèce qui pourraient à l’avenir figurer dans la planification et la gestion du sanctuaire marin de l’archipel Éolien. Une étude complexe est en cours qui prévoit de caractériser l’écologie comportementale de l’espèce et les paramètres qui définissent les schémas d’association entre individus.

Parmi les principales menaces pesant sur le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), une espèce essentiellement pélagique et vivant en groupes nombreux, figure principalement la capture accidentelle dans des filets dérivants destinés à pêcher l’espadon. Cette menace est plus présente encore dans le Sud de l’Italie bien que cette pratique soit interdite par l’UE depuis 1992.

D’autres facteurs comme la pollution et les maladies épidémiques contribuent non seulement à décimer les populations de certaines espèces mais également à modifier, à court et long termes, leur comportement reproductif, alimentaire et leurs activités de socialisation. Nous avons ainsi pu déterminer les zones les plus fréquentées par cette espèce et les caractéristiques topographiques optimales de l’habitat pour permettre de l’accueillir.

Projets Cétacés

L’association Filicudi WildLife Conservation coordonne également un projet de conservation en faveur de la tortue marine commune Caretta caretta (Linnaeus, 175). L’habitat éolien est particulièrement favorable aux activités d’alimentation et d’hivernage de cette espèce et ce malgré l’absence de sites de reproduction dans cette zone qui ne compte pas de plages de sable. La caouanne ou tortue carette est une tortue de mer à distribution cosmopolite, présente dans les mers des climats tempérés, tropicaux et subtropicaux des océans Atlantique, Pacifique et Indien et limitée, dans son extension latitudinale, par les conditions thermiques des eaux qui la confinent dans une fourchette assez large de 60°N-40°S. En Méditerranée, c’est l’espèce la plus répandue et la plus commune car on la trouve dans tout le bassin Méditerranée avec des densités variables selon les saisons et la géographie (Margaritoulis et al., 2003) et avec une fréquentation diverse des zones selon son stade de maturité et la phase de son cycle de reproduction (Plotkin, 1989; Plotkin et al., 1993). Après une première phase de vie, que les jeunes passent dans la zone épipélagique en se laissant principalement entraîner par les courants marins, les tortues caouannes tendent à fréquenter pour l’essentiel des zones néritiques et à privilégier une alimentation de type benthique. C’est précisément au cours de cette phase de leur vie (sub-adulte) que les tortues sont confrontées à de nombreuses menaces de nature anthropique comme la prise accidentelle dans les filets ou d’autres instruments de pêche (notamment les palangres pélagiques). 

Projets Tortues caouannes

Ces projets sont menés en collaboration avec l’Université de New Castle (Royaume Uni), l'Université de Rome La Sapienza, l'Université de Rome Tor Vergata et l’Institut italien supérieur pour la santé.